En 2011, j’ai vu 41 films (je suis la constance même) dont une bonne dizaine que je peux sans mal intégrer au fameux top ten. Ca n’a pas aussi été aussi facile chaque année!
1. Mélancholia de Lars von Trier
Quand j’ai vu Element of crime, vers 12 ans, j’ai été éblouie. Les Idiots a été le film de mon adolescence. Avec Madone du futur et la clique SFC (salopes, frustrées, castratrices), nous croyions dur comme fer en notre nouveau dieu et dans les préceptes du dogme (heureusement, ca n’a duré que trois films). Etudiante, j’ai adoré L’Hôpital et ses fantômes et Breaking the waves. Plus que Tim Burton, Lars von Trier était le réalisateur de ma génération, celui avec lequel j’ai grandi et c’est avec beaucoup de peine que je l’ai vu plonger dans le mélo outré (Dancer in the dark) et la dépression ( Antechrist). Mais il revient avec Melancholia. Le film n’est pas parfait, je n’aime pas beaucoup les scènes de mariage, le casting déséquilibré, le maniérisme de la caméra portée (Lars tombe de toute façon d’un maniérisme – le formalisme – à l’autre – le dogme - c’est un cinéaste très énervant pour qui s’y attache). Mais quel réalisateur est aujourd’hui capable de se saisir d’un état comme celui de la mélancholie (le bain de Kirsten Dunst est une des scènes les plus justes jamais réalisées sur la dépression) et de l’ouvrir au monde d’une manière aussi magistrale et si belle? Pas Terrence Malik en tous cas (les seins de Kirsten et la bombe Alexander Skaarsgard ne gâchent rien, hein).
2. Drive de Nicholas Winding Refn
Le film ne vaut que par sa scène d’ouverture. Mais quelle scène d’ouverture! Bon, évidemment, moi, ce que je préfère, c’est le pantalon moulant de Ryan Gosling (la naissance d’une star).

3. Limitless de Neil Burger
Je ne me souviens même pas de la raison pour laquelle je suis allée voir le film, mais c’était forcément par dépit. L’image, les acteurs, la réalisation, tout est un peu cheap, mais quel scénario, les amis! Le film est vraiment très bien écrit et par d’un constat un peu triste. La drogue idéale des années 2000, ce n’est plus celle pour planer, pour ouvrir les portes de la perception ou même pour se détendre. C’est la drogue de la volonté. Le héro est un looser qui, parce qu’il traîne en pyjama dans son appart dégueu, se voudrait écrivain. Pas de problème, cette drogue va lui donner la volonté d’exploiter tout ce talent dormant en travaillant comme une bête. Puis le lancer dans le monde des affaires, et finalement, à la conquête de la présidence des Etats-Unis, dont il ne fera qu’une bouchée. Comment passer d’un pauvre type (sympa) à un requin brushé. C’est immoral et c’est délicieux.

Avant

Après
4. Attenberg de Athina Rachel Tsangari
Il existe un cinéma grec en dehors d’Angelopoulos le rasant. La preuve.

5. Une Séparation d’Asghar Farhadi
Il existe un cinéma iranien en dehors de Kiarostami le soporifique. La preuve.
6. L’Apollonide de Bertrand Bonello
Ah, fumer l’opium préparé par Céline Sallette…

7. Super 8 de J. J. Abrahams
Le meilleur Spielberg depuis ET!
8. Angèle et Tony d’Alix Delaporte
Ca sent le film de scénariste à plein nez, mais je ne boude pas mon plaisir. Contrairement à ce qu’on en a dit, c’est peut-être le seul film où Clotilde Hesme joue comme une quiche mais Gregory Gadebois, bien que gros, est follement sexy. Très joli premier film.
9. Fighter de David O’Russel
http://toxicavengeresse.wordpress.com/2011/04/05/je-nhabite-plus-ici/
10. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
Toute cette neige, c’est irrésistible. Dommage que Vincent Gallo n’ait pas trouvé de ski de fond dans son échappée.
Et aussi Au delà de Clint Eastwood, qui n’est pas la bouse que tout le monde décrit, La Planète des singes de Rupert Wyatt, hautement regardable même en VF à Alès, c’est dire et Sweet Grass, le documentaire aux mille brebis avec la meilleure scène de comédie de l’année.
Grosses merdes : Beginners, un film de Mike Mills avec l’abominable Mélanie Laurent suivi de près par Après le sud, une sombre histoire de caissière avec la moins abominable Adèle Haenel (mais qu’elle fasse gaffe).