Je n’habite plus ici

Catastrophes, échecs répétés. J’ai lâchement abandonné Que ma joie demeure de Giono. Je suis maintenant trop parisienne pour qu’on me parle des étoiles et du vent (soupir). Le Temps où nous chantions de Richard Powers, l’histoire de musiciens classiques métis dans les années 60, gros best seller de 2006, brillant, étouffant, énervant, m’oblige à le finir contre mon gré (l’un des frères est toujours puceau). Et Amsterdam, de Ian Mc Ewan,  extrêmement décevant. J’ai toujours cru qu’un livre réussi (personnages cohérents, enjeux forts et originaux, narration tenue, style au moins correct), quitte à être un petit livre, était parfaitement honorable. Mais en finissant Amsterdam, Booker Prize 98, qui rassemble toutes ces qualités, j’ai frissonné d’horreur tant le livre est artificiel, tenu par des ficelles maladroitement dissimulées par le snobisme du sujet (un musicien en pleine composition de la symphonie qui doit asseoir sa gloire , un secrétaire d’état réactionnaire qui aime se déguiser en femme et l’éditeur d’un journal accablé par son inexistence se retrouvent sur la tombe de la femme qui les aima)*. Patricia Highsmith a plus de classe.

Peu de cinéma mais j’ai été plus inspirée en suivant le filon Aronofsky (qui l’eut cru ?). Black Swan est assez amusant, si on considère comme acceptable de faire un film qui se passe au NY City Ballet sans un danseur potable : Vincent Cassel portant Nathalie Portman – qui a au moins fait un effort, ELLE – comme un sac de vieilles pommes de terre germées alors qu’il est censé être chorégraphe vaut le coup d’oeil. Mais Aronofsky est un rouleau compresseur et je garde un amour secret bien peu partagé pour ces vaillantes machines.

The Fighter, réalisé par David O’Russel mais produit par le même Aronofsky qui semble se spécialiser dans le film sportif à stars, après le succès de The Wrestler, son film précédent avec Mickey Rourke, est également une bonne surprise. Christian Bale en crack addict est supportable, Mark Wahlberg en champion modeste qui essaie de se sortir d’une famille de white trash, en a fini d’être transparent. Peut-être est-ce dû à ses gros biceps? Ou au scénario, qui recoupe certains aspects de l’histoire mouvementé de l’acteur, délinquant sauvé par son frère à sa sortie de prison, grâce à qui il intégra les New Kids on the block pour mieux s’en séparer et faire une carrière cinématographique étonnante pour un acteur aussi monolithique? A force d’être intelligent, Mark, producteur executif du film (aussi bien que de Boardwalk Empire, Entourage et les derniers James Gray), finira-t-il par avoir du talent?

Bon, ce fichu blog ne me permet plus d’insérer des images pour illustrer l’unique raison de ma passion nouvelle pour la saison 3 de True Blood. Je vous laisse donc faire toute le travail.

*A toute chose, malheur est bon. Cela me permet de vous conseiller doublement le merveilleux Vers l’âge d’homme, la deuxième partie de l’autobiographie fictionnalisée de J.M. Coetzee – le premier tome est très bien aussi – ainsi que Generation kill de Evan Wright, journaliste embedded dans le premier bataillon de reconnaissance des marines pendant l’invasion de l’Irak en 2003.

A propos toxicavengeresse

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3 réponses à Je n’habite plus ici

  1. Un ton très personnel
    une douce vivacité

  2. Ping : Top 10 2011 | The Lady vanishes

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